Figure majeure de la littérature portugaise, Agustina Bessa-Luís est morte
Figure majeure de la littérature portugaise, Agustina Bessa-Luís est morte 1

DISPARITION – La romancière, lauréate du prix Camões, la plus haute distinction lusitanienne pour les écrivains, est décédée à l’âge de 96 ans ce lundi. De sa foisonnante bibliographie, les lecteurs se rappellent La Sibylle, publié en 1954, et les nombreuses adaptations de ses œuvres par le cinéaste Manoel de Oliveira.

Le Portugal est en deuil. La romancière Agustina Bessa-Luís, figure incontournable de la littérature lusitanienne, est décédée ce lundi à Porto, dans le nord du pays, à l’âge de 96 ans, a annoncé son entourage à l’agence de presse Lusa. Ses funérailles auront lieu mardi dans la même ville. Sa bibliographie, longue d’une quarantaine de titres, comprend notamment La Sibylle, roman considéré comme son chef-d’œuvre.

Du Premier ministre António Costa au club de foot FC Porto, la disparition de la grande dame a suscité une vague de réactions affligées au Portugal. «Il y a des personnalités pour lesquelles il n’y a pas de mots pour décrire ce qu’elles ont été et ce qu’elles signifient pour nous tous. Agustina Bessa-Luís en fait partie», a affirmé le président de la République Marcelo Rebelo de Sousa dans un communiqué. En 2004, la romancière, alors âgée de 81 ans, avait été couronnée du prix Camões, plus haute distinction littéraire du pays, pour son «univers romanesque d’une richesse incomparable» et «la qualité exceptionnelle de sa prose». Pour le président de la République, Agustina Bessa-Luís appartient au «Portugal éternel» .

Agustina Bessa-Luís est née en 1922 dans une famille enrichie au Brésil vivant à Amarante, au nord du Portugal. Elle rencontre son époux, Alberto Luís, en 1945, en tombant sur une petite annonce publiée dans le journal local de Porto, où elle n’allait pas tarder à s’installer. La jeune femme, qui se disait «née pour écrire», publie son premier roman en 1949, et accède au succès cinq ans plus tard avec la publication de La Sibylle. Le roman narre l’histoire d’une jeune femme de la campagne capable de percer à jour les secrets des autres – ce qui lui vaut d’être surnommée «la Sibylle» – qui accède à la haute société portugaise. La réputation d’Agustina Bessa-Luís est établie.

Compagnonnage avec Manoel de Oliveira

Son écriture suscite vite l’intérêt des cinéastes. Son ami Manoel de Oliveira, importante figure du 7e art décédé en 2015, adapte six de ses romans, dont Val Abraão, en 1993, transposition moderne de Madame Bovary et Le Principe de l’incertitude, en 2002. Contes, chroniques de presse, biographies (comme celle de l’homme politique du XVIIIe siècle Sebastião José de Carvalho e Melo) et pièces de théâtre complètent l’œuvre d’Agustina Bessa-Luís. Dans les années 1990, elle prend la tête du Théâtre national Dona Maria II, prestigieuse salle de spectacles de Lisbonne.

En 2002 paraît son autobiographie, Le Livre d’Agustina. Agustina Bessa-Luís quitte à cette époque la vie publique mais continue de publier des romans. Mais l’histoire ne dit pas si, comme ce poète nordique qu’elle admirait et dont elle avait oublié le nom, elle tenait encore son stylo en main, seulement deux heures avant sa mort.

Source: Le Figaro / AFP agence 

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