Coronavirus : comment l’Italie est devenue le principal foyer européen de la maladie
Coronavirus : comment l'Italie est devenue le principal foyer européen de la maladie 1

EXPLICATION – En trois jours, l’Italie est devenu le foyer le plus important d’Europe de l’épidémie de coronavirus, avec plus d’une centaine de cas recensé. Récit d’un basculement qui contraint plusieurs villes à vivre en huis-clos.

En quelques heures, l’Italie a basculé et a connu une explosion de cas confirmés de coronavirus. Selon le dernier décompte officiel, on dénombrait dimanche 132 cas dans le pays : 89 en Lombardie (région de Milan), 25 en Vénétie (autour de Venise), 9 en Emilie Romagne (Bologne), 6 dans le Piémont (Turin) auxquels s’ajoutent les trois cas du Latium (Rome) dont deux touristes chinois et un jeune désormais guéri mais testé positif à son arrivée de Chine.

Trois décès, un patient zéro introuvable

Vendredi 21 février, le pays ne comptait encore que six cas confirmés. Au cours de la journée, les autorités italiennes ont annoncé le décès d’Adriano Trevisan, un maçon italien âgé de 78 ans. Le lendemain, une deuxième victime succombe : il s’agissait d’une femme du même âge, hospitalisée depuis une dizaine de jours et qui résidait en Lombardie. Ces cas se sont ajoutés à trois patients soignés à Rome ayant contracté le Covid-19 hors d’Italie. 

Si le patient zéro, le responsable de l’épidémie, demeure introuvable, le patient 1 lui, a bien été identifié. Il est âgé de 38 ans, est cadre dans une entreprise américaine. La société qui l’emploie, Unilever a un site important près de Codogno, à Casalpusterlengo, où 120 des salariés sur 160 ont été testés. Ce patient a été hospitalisé de mercredi 19 à samedi 22 février, à l’hôpital de Codogno, avant d’être transféré dans un autre établissement, où il a été placé en soins intensifs. Il a contaminé sa femme et trois personnes qui fréquentaient le même bar que lui. 

Les autorités ont, un temps, pensé qu’il avait pu être contaminé par un ami italien qui revenait de Chine, mais les analyses ont révélé que cet ami n’avait pas développé les anticorps et ne peut donc être le patient zéro. Hormis ces cas, les personnes contaminées sont principalement des personnels médicaux : médecins, aides-soignants et des patients de l’hôpital de Codogno, ayant à leur tour infecté leur entourage. A l’heure actuelle, les autorités de Lombardie n’ont pas identifié avec certitude la personne à l’origine de cette micro-épidémie. 

Ce dimanche en fin d’après-midi, les officiels italiens ont annoncé le décès d’une femme, atteinte d’un cancer et testée positive au coronavirus. Il s’agit du troisième décès au cours de cette épidémie. Il s’agit d’une « femme âgée qui était hospitalisée à Crema (près de Crémone, en Lombardie, ndlr) depuis plusieurs jours et dont les tests montraient qu’elle avait contracté le coronavirus », a expliqué lors d’une conférence de presse à Milan, l’adjoint régional à la Santé, Giulio Gallera. Il a précisé qu’elle avait été admise « en oncologie dans un état grave ».

Codogno, principal foyer de l’épidémie, en quarantaine

Cette épidémie autochtone de Covid-19, sans précédent en Europe, se situe à Codogno, une localité de 15.000 habitants, située à 60km de Milan. Très rapidement, les autorités ont décidé fermer les lieux publics de cette petite ville, dès vendredi soir. Le maire Francesco Passerini, a ordonné la fermeture immédiate pour une période variant de 48 heures à cinq jours des écoles, bureaux municipaux, magasins d’alimentation, bars, discothèques, salles de sport, etc.

Le maire a expliqué que la décision a été prise car la découverte de ces six cas de contagion « a créé une situation d’alarme sur le territoire de la commune ». Dans la foulée, la fermeture de tous les lieux publics a été décidée dans neuf autres localités voisines. Dans cette ville et neuf localités voisines, tous les lieux publics (bars, mairies, bibliothèques, écoles) sauf les pharmacies sont fermés depuis vendredi soir.

Ce dimanche, la ville est donc en quarantaine. Les forces de l’ordre commencent à être déployées et des points de contrôles installés. Tout cela pour assurer le respect de la décision annoncée samedi soir par le chef du gouvernement italien: on n’entre pas, on ne sort pas de la zone contaminée, sauf dérogation spéciale. « Nous sommes au total une dizaine d’équipes de la police criminelle, donc rien à voir avec ce genre de situation, mais on a fait appel à nous, de Bologne, de Turin, de Gênes, pour donner un coup de main », explique une policière à l’AFP. Selon cette même source, ce seront des unités de la police financière (GDF), un autre corps de police, qui s’occuperont par la suite des points de contrôle.

Onze villes sont désormais en quarantaine

Alors que la multiplication des cas se confirmait, le gouvernement a adopté dès samedi soir un décret-loi très strict qui met à l’isolement 11 villes : 10 de Lombardie (région de Milan) et 1 proche de Padoue, en Vénétie (nord-est). « Ni l’entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière », a indiqué le Premier ministre, Giuseppe Conte, en précisant qu’environ 52.000 personnes étaient concernées. 

L’inquiétude monte à Milan et le Carnaval de Venise est annulé

L’explosion du nombre de cas sème une certaine anxiété dans le pays et force les autorités à prendre des mesures pour tenter d’enrayer la propagation de l’épidémie. A Milan, à 60km de Codogno, les professionnels de la monde ont décidé de s’adapter durant la Fashion week milanaise. Chez Giorgio Armani les mannequins défileront sans public : le show sera retransmis en direct et en streaming sur les réseaux sociaux, ce dimanche. Chez Moncler, la présentation, très attendue, a été finalement annulée. « Le monde entier était à Milan ces jours-ci pour la Fashion Week, on a été en contact tous les jours avec des centaines de personnes et si on repense à toutes ces interactions, ça donne le frisson! », explique une jeune femme qui travaille au Showroom de Fendi, à l’AFP. Car samedi encore, les défilés de ce temps fort du calendrier de la mode s’étaient tenus comme si de rien n’était dans la capitale lombarde.

Pour montrer que la vie continue, Bottega Veneta a maintenu sa fête samedi pour célébrer la nouvelle collection mais entre deux danses, on vérifiait les dernières nouvelles sur les téléphones. En tout, ce sont quelque 25.000 professionnels du secteur qui se sont retrouvés à Milan pour cette semaine de la mode. Et à deux jours de l’ouverture de celle de Paris, il est fort probable que l’anxiété gagne aussi les rangs parisiens. « Toutes les recommandations qui nous sont faites maintenant n’étaient pas à l’ordre du jour il y a encore quelques heures et beaucoup de journalistes, de photographes, d’acheteurs qui étaient à la Fashion Week sont déjà repartis ou repartent dans leur pays ou vers Paris, où commence (lundi) la semaine de la mode », observe cette employée de Fendi. 

Source: LCI

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